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| Si la vérité existe elle est probablement là-bas à Bamako sur les rives du Niger, dans un environnement de pauvreté, de soleil, de pollution et de poussière qui pourrait vite laisser à penser que c’est un enfer… j’ai conçu, ou du moins mon instinct a conçu ce disque comme une journée à Bamako, avec de grandes chances de n’avoir pas respecté le planning mais en étant sûr d’être passé par des sensations et des hasards qu’il me fallait accepter de vivre, ne rien refuser d’un détour qui me ferait remettre au lendemain ce que j’avais prévu la veille … Essayer de décrire avec du son le son du cœur de cette ville fut un bonheur, ce « bruit » qui nous rassure sur nous même, sur la certitude que nous ne sommes pas seulement un numéro sur une carte de crédit, mais un cœur doté d’une paire d’oreilles et d’une imagination qui nous ramène sans cesse, « doni doni », petit à petit, vers ce que nous estimons être essentiel… Tant de choses à voir sans aller les chercher, tant d’instants à vivre, secondes et minutes, il faut s’accrocher car le trajet est parfois très long et le temps très chaud, faire attention à soi car toutes sortes de véhicules passent sans crier garde, sauvages comme dans un disque des Stooges ou de Coltrane, un bon concert rock des 70’s ou un film avec cet acteur que j’ai fini par ne pas aimer du tout mais qui a conditionné les 80’s avec un produit de violence et d’aventure qui voulait dire « do your thing ! » … J’ai aimé ces chanteuses poètes sublimes qui dans une autre langue n’ont rien à envier aux plus grandes de chez nous, ces chansons à la gloire de ceux qui cultivent ou des chasseurs qui prennent précisement le prétexte de chasser pour être loin de chez eux, aussi ce chanteur rasta qui chante l’ingratitude en souriant et prétendant que nous sommes tous pareils… Ces morceaux ont été assemblés rapidement il y a un moment déjà, je suis parti avec un ami cher vers cette ville et n’en suis jamais totalement revenu, mon sampleur m’a aidé à mettre tout çà en forme, l’ ambiance, les morceaux et les rencontres que j’espère palpables dans ces morceaux, l’urgence… Pour moi le sentiment d’en savoir un tout petit peu plus sur ce que nous sommes, (je suis ?), oui… Vous allez me prendre pour un allumé mais j’ai trouvé à Bamako ce que j’étais parti chercher à New york à une certaine époque, une musique vivante et imparfaite, du blues électrique et implacable, la pulsation lancinante du reggae au sens large, la rythmique qui fait danser et le swing chaud et vivant de ces instruments et de ces voix qui expriment la vie, et plus que tout, des gens qui parlent vraiment.... |